19 mai 2008

Diplômé !

Ça y est, c'est officiel, je suis ingénieur EPITA.

Bon, je m'en doutais bien un peu depuis pas mal de temps déjà, mais bon, pour le coup, c'est vraiment fini. Plus d'éventuelle vengeance de mon administration si je fais des bêtises à l'école, plus de crainte de TIG de la part du Bocal en cas de grabuge en SM.

Je suis arrivé aux bâtiments de l'Unesco pour la cérémonie avec mes parents vers 17h. Une file d'attente déjà fort longue nous a permis de repérer l'entrée. VIP oblige, j'entre en passant devant tous les invités, laissant mes géniteurs attendre dehors, pour retrouver plein d'anciennes têtes (de têtes d'anciens plutôt). Une fois dans le hall avec ma zolie écharpe bleu texture soie de diplômé, je salue tout plein de mes anciens camarades et ça cause à tout va.

Arrive le moment où on nous fait rentrer dans la salle de "spectacle" à proprement parler. Cela faisait un peu Assemblée Nationale avec les tables feutrement éclairée, les emplacements pour les micros, la disposition légèrement amphithéâtrale, la grande estrade et le symbole de l'Unesco derrière. Un p'tit bonjour à une Nella en robe noire que j'essaie vainement et veine-ment de soudoyer pour que mes parents aient la meilleure place. Je prends place à la mienne (que j'avais de réservée bien sûr) et j'attends.

Les discours sont assez longuets, les Masteres passent avant nous. Le chaleureux accueil que nous faisons à notre bien (?)-aimé (?) directeur et quelques allusions bien placées dans son discours me chauffent encore plus le cœur de cette ambiance épitéenne.

La remise se fait pas spécialisation dans l'ordre : CSI, SRS, GISTR, SCIA, SIGL et MTI (manque les TCOM, mais bon, personne ne les connait alors...). Les majors de promo font leur discours à leur tour (petit honneur à Éric Keller qui en fait un en or).

Notre tour arrive relativement pitoyablement car ni notre chef de spé, ni notre major ne sont présents (pour le chef de spé, c'est moins grave). En plus le premier de la liste s'est fait oublié lors de l'appel, et c'est évidemment durant mon entrée que le cafouillage pour le rattraper se fait. Enfin bon...

Poignées de mains, félicitations de Jojo et du Président Ionis, remise du papier, photo, et je prends place sur l'estrade sur laquelle se tiennent déjà mes camarades des autres options. Ça fait du monde, je suis tout au fond, sur le bord de l'estrade, prêt à tomber et à me rompre le cou dans d'atroces râles d'agonie. Mais en fait non, ça tient. Mes collègues SCIA et moi-même gueulons un peu pour que David Doukhan, un énergumène sympathique mais au style quelque peu baba-cool fasse le discours à la place du major absent. L'acoustique étant déplorable sur scène, nous n'entendons rien des conneries qu'il a du sortir. Faudra que je lui demande à l'occasion.

Bref, bonne ambiance sur l'estrade, et grosse marrade quand on découvre qu'en fait, le papier qu'on nous a remis n'est qu'un bon pour aller chercher le vrai diplôme au cocktail. Pourquoi faire simple...

Cocktail time ! Nous montons au septième avec ascenseur, je me fais remettre mon vrai diplôme 100% pur porc (enfin !) et zou ! Au bar ! Les serveurs nous octroient des doses fort généreuses pour les boissons, ce dont je leur sais gré, et j'en profite honteusement. Je cause avec plein de gens dont je ne ferai pas la liste ici de peur d'en oublier. Je citerai pour des raisons évidentes Pedro et Chiche. Mes parents, pas forcément très à l'aise avec plein de gens inconnus, se retirent relativement tôt. Je continue de me moisir le foie à coups de whiskys-coca. À partir de ce point, mes souvenirs deviennent plus vagues.

Je me souviens de Pedro qui s'en est allé parce que Pedrette l'attendait en bas, puis est revenu parce que Pedrette était en retard, m'a forcé à finir mon verre pour en reprendre un avec lui, est finalement reparti pour de bon.

Je me souviens d'avoir rejoins une deuxième salle de cocktail où plus de monde restait.

Je me souviens y avoir signé le Yearbook de Nathalie, prof d'algo, avec son stylo rouge de maitresse d'école qui m'a beaucoup inspiré pour mon petit mot (lequel doit justement contenir le même genre de pensée...)

Je me souviens que Vineus m'a parié un restaurant si j'arrivais à rouler une pelle à ladite Nathalie, chose que je n'ai pas tenté mais que j'ai quand même conçu.

Je me souviens avoir beaucoup parlé avec Madame Cavatortaaaaaaaaa, directrice des classes prépa et Marie Moin, prof de droit. Je me souviens d'ailleurs avoir avoué à cette prof' que le devoir qu'elle nous avait donné à faire, et ben c'est un ami juriste qui l'avait fait à notre place et que je vous ai quand même un peu eue sur ce coup-là.

Je me souviens avoir fait la bise à mon ex-Directeur, à Akim, à deux femmes de la com' dont je ne me souviendrai jamais qui est qui et certainement à toutes les personnes de l'administration à portée de lèvres.

Je me souviens avoir causé avec NellA, l'avoir "rassurée" que quand je suis bourré, je reste quand même sérieux et que je n'irai pas jouer au gros lourd dragueur bourré.

...

Je me souviens être sorti de l'Unesco et m'être retrouvé devant le bar qui était prévu comme "after" avec Micha, sa maman et son compagnon, Pwipwi, Olive, son frère et sa compagne... et je crois que c'est tout. Pour une raison qui m'est encore inconnue, nous ne sommes pas allé rejoindre les autres (y étaient-ils seulement ? J'ai un vague souvenir de Bourriquet dehors...).

Je me souviens d'un vague voyage dans le métro et du long tapis roulant de Châtelet.

Je me souviens plus ou moins bien d'un bar dans lequel on a encore un peu bu, certains mangé, où j'ai été retirer de l'argent à un distributeur, où j'ai parlé politique avec le frère d'Olive, où la serveuse était noire et charmante et le barman un peu gay sur les bords...

Je me souviens être rentré avec Pwipwi à pattes et nous avons discuté littérature et gonzesses (surtout lui en fait... Je ne me souviens pas lui avoir parlé d'Anna...), nous avons également pissé dans la Seine.

Je me souviens et je suis heureux de l'avoir fait, d'avoir prix deux grands verres d'eau avant de me coucher, ce qui m'a évité un mal de cheveux qui aurait pu être prodigieux. J'ai juste eu un peu la tête tournante et une grande mollesse.

Bref, je me suis bien amusé, même si j'ai apprécié la soirée avec Micha (que je n'avais pas vu depuis longtemps), je regrette de ne pas en avoir profité (la soirée, pas Micha) avec plus de monde.

-- Annonces --

Si vous avez retrouvé mon écharpe bleue de diplômé, vous monteriez de beaucoup dans mon estime personnelle en me la remettant.

Si vous avez de quoi remplir ce gruyère qui ressemble vaguement à ma mémoire de la soirée, envoyez-moi un mail, histoire que je meure moins bête.

05 mai 2008

Des weekends prolongés de le fête du travail comme ça, j'en veux tous les jours !

Commençons par le commencement, à savoir mercredi soir, anniversaire de mon ex... colocataire Damien. Ursula, l'autre ex-coloc', avait eu la bonne idée d'acheter un dessin d'Enki Bilal à accrocher sur les murs. Elle l'avait ramené chez moi la veille.

Ce mercredi soir donc, j'ai la mauvaise idée de rester plus tard au boulot pour une raison qui m'échappe encore. Je galope donc chez moi, chope le tableau (qui ne doit pas faire loin de 60cm x 80cm le salaud), le trimballe dans le métro et finalement arrive au Louchébem, restau spécialisé dans la bidoche que notre cher nouveau vingt-ternaire apprécie grandement (et à raison). Repas très agréable, bien arrosé, la viande effectivement excellente et à profusion, les fromages faits à souhait et la poire Belle-Hélène correcte (pas le meilleur pour la fin du coup).

La soirée ne faisant que commencer (nous sommes sortis du restaurant vers 23h-00h), nous allons faire un tour à la Guinness Tavern histoire de boire un coup quand même (le vin pendant le repas, ça ne compte pas vraiment). La Tavern, c'est bien, mais c'est cher... Si bien que finalement, Vineus propose de terminer la soirée chez lui. Nous nous y rendons donc dis donc. Notre hôte nous propose un whisky 15 ans d'âge qui ma foi est fort exquis, mais qui nous a tous coupé les jambes et le reste. Madoué, quelle claque ! C'est après le deuxième verre et une fois que la fatigue commence à monter que nous décidons de partir, titubant tant bien que mal jusqu'à l'arrêt de bus idoine le plus proche. J'ai quand même une sévère barre au front le lendemain matin, qu'une grasse mat' arrive à atténuer. J'apprendrai plus tard que mes congénères ne furent pas aussi solides que moi et dégobillèrent joyeusement le Soleil une fois levé (quel gâchis !).

M'étant inscrit dans une chorale récemment, répétition pas générale en début de soirée chez l'un de mes partenaires de voix. J'ellipse volontairement l'après-midi car ce ne fut que glande et compagnie. La répétition se traîne jusqu'à plus de 21h, alors que je dois aller juste derrière à une soirée organisée par un Russe connu dans le milieu fêtard soviétique de Paris, à laquelle Mokuhi m'a convié, ayant été lui-même invité par une amie à lui.

Derechef, je fonce dans le métro, traverse tout Paris pour retourner chez moi, me fais encore plus beau que je ne le suis, et les rejoins lui, sa compagne et son frère au métro Tolbiac. Direction "Le Milliardaire" à côté des Champs-Zé. Nous poireautons devant le club quelque temps, on nous dit que ça ne commence pas avant 00h. Bon, nous attendons encore, les amis de Mokuhi nous rejoignent et enfin bref, nous rentrons aux alentours de 00h30.

L'intérieur du club pourrait faire penser à un décor de film X un peu cliché. Que du rouge. Partout. Les murs de moquette rouge foncé, le plafond capitonné de rouge également, le tout éclairé par de la lumière tamisée provenant de lampes... bingo : rouges. Une fois les manteaux laissés au vestiaire, nous descendons au sous-sol où, surprise, une salle rouge nous attend. Bon, y'a plus de couleurs à cause des tables blanches et des gens. Par contre, la classe, chaque table offre son grand saut de glaçons pour les bouteilles.

Ah ! Les bouteilles ! Tout le monde sait que le prix des bouteilles d'alcool dans les discothèques est une véritable sodomie qui ferait pâlir le plus homosexuel des Grecs. Et bien là, c'est la valeur dix sur l'échelle du viol. 480EUR la bouteille d'un litre et demi de vodka ! Pas mal hein ? Et mes camarades sont suffisamment inconscients (ou fortunés) pour s'en prendre une ! À leur aise, je n'aime pas la vodka, mais je profite quand même un petit peu des softs qui vont avec(gracieusement offerts d'ailleurs). Je me fais quand même raboter l'anus d'un verre de whisky à 20EUR histoire de ne pas être le seul à ne pas boire. Désolé pour le langage, mais parfois, seule la grossièreté peut vraiment dépeindre la réalité.

Bref, on s'installe et on tente de causer parmi le tintamarre musical. Le décor est chic, les filles encore plus. Il faut dire que la Russe n'est pas très réputée pour sa médiocrité physique. Le niveau esthétique du public féminin est fort élevé.Le temps que l'ambiance chauffe, il est 1h30 du matin (petite précision, je ne fais pas le pont du premier mai) quand on se décide à aller danser. Bon, on danse, très bien. Aux aguets que je suis parce que bon, hein, ce serait bête de ne pas tenter sa chance au milieu de si jolies créatures. Je cherche, je trouve. Une jolie petite brunette qui me fait de l'oeil et me flèche un sourire que même Guillaume Tell aurait été risible avec sa pomme trouée en comparaison.

Ne recevant pas souvent de cartons d'invitation pareils, je m'approche donc et fais ce que je n'aime pas trop faire mais que bon je n'ai pas trop le choix de faire parce que pas grand chose d'autre à faire dans ce genre de situation (reprise de souffle), à savoir faire mon paon. Et on se frotte, et on se sourit, et mes mains sur tes hanches par devant, et on s'oeillade, et mes mains sur ton ventre par derrière (tiens ? un piercing au nombril ! Ça me rappelle une ex...), et nos fronts qui se touchent... Seulement quand il s'agit que mademoiselle parcourt l'ultime centimètre qui sépare mes lèvres des siennes, c'est niet (c'est le cas de le dire). Peste, comme on disait à Londres en 1665 et en français dans le texte. Après plusieurs tentatives infructueuses, je jette l'éponge, me disant que zut, encore une garce qui s'amuse.

Vais donc boire un verre, redanser un peu dans un autre coin du club, et puis la musique s'améliorant encore plus, retourne sur la piste principale. J'épie pour une autre proie, mais aucune autre ne semble s'intéresser à moi. Et puis hop, revoilà la brunette... qui me refait des sourires tout plein et qui se met à danser avec moi. Boudiou, faudrait savoir ce qu'elle veut. Je recommence mon manège, un peu plus insistant, tant et si bien que enfin, le bon baiser de Russie tant attendu. Un moment, j'ai l'impression que c'est plus pour me faire plaisir qu'autre chose, mais non. On danse un slow sur "New York, New York" dans les bras l'un de l'autre, les yeux fermés à se bécoter. Charmant.

Mais les meilleures choses ont une fin (contrairement au saucisson qui en a deux), et mon groupe décide de s'en aller. Devant l'heure tardive, je ne peux qu'agréer (argh, je dois me lever dans 3h pour bosser). Je demande sans trop d'espoir son numéro à la demoiselle, qui me le donne bien volontiers et m'octroie un bisou d'adieu. Yay !

Nous rentrons en taxi, conduit par un mec bourré. Je me couche à 5h pour me lever à 7h30.

Bizarrement, le réveil après ces deux petites heures de sommeil n'est pas trop difficile. La journée non plus, malgré quelques petits coups de barre, mais bon, hé, j'ai quand même une bonne excuse. Crevé comme un hérisson sur le bord d'une autoroute, je ne fais rien le soir. Matage de séries et dodo.

Samedi, après une matinée tartinée de margarine et de saindoux, je passe l'après-midi en compagnie de Mokuhi et Marine au parc Montsouris à jouer au poker au Soleil. Impeccable !

Ah oui au fait, j'ai appelée Anna pour un rendez-vous ce soir, mais elle avait d'autres plans. En revanche, demain soir, pas de problème. Youpi !

Et après l'aprèm glande au Soleil, soirée gaufres chez moi avec Damien et Alex. Journée pépère s'il en est, mais il en faut.

Dimanche. Je me lève à 7h pour nettoyer ma chambre, acheter des bougies parfumées, de l'huile de massage, des pétales de rose, un lit à baldaquin, des capotes... Non en fait debout à 11h (c'est dimanche ho !), mais quand même rangement au cas où j'arriverais à ramener la demoiselle du Kremlin chez moi. J'hypothétise plein de trucs sur elle, car tout ce que je sais, c'est qu'elle s'appelle Anna et qu'elle a un accent russe à couper à la tronçonneuse. Est-ce que c'est une fêtarde permanente qui considère les discothèques comme seule occupation valable, ou alors une prostituée chargée de piéger de jeunes européens pour en faire... euh... des choses, ou alors un agent double des services du KGB pour récupérer le mot de passe de la base de données où est stocké ce blog ? Que de possibilités. Donc incluse la possibilité qu'elle vienne chez moi le premier soir, donc un peu de rangement quand même (et puis ça fait pas de mal).

Rando-roller du dimanche, histoire de me décrasser et de me rappeler que j'ai des muscles (ça fait longtemps que je n'ai pas fait de sport).

L'heure du rendez-vous arrive. Après quelques vagues cafouillages, dont la fermeture le dimanche du bar auquel je voulais l'amener où le fait qu'elle attendait *dans* la station et moi dehors, on se retrouve... et elle me fait la bise. Argh ! Je sais bien que les bisous hier en boîte ne représentaient rien de plus qu'une acceptation à me laisser son numéro de portable, mais quand même, j'ai les picotis d'une douche écossaise qui me taquinent le dos. Bon, soit. La Guinness Tavern (encore elle) n'est pas loin. Ce n'est peut-être pas le meilleur endroit pour un premier rencart, mais si elle aime le rock, ça peut le faire. Je lui demande donc, elle me répond par une affirmative enjouée. Chouette, elle a des bons goûts musicaux !

L'ambiance est un peu morte au pub. Il faut dire qu'il n'est que 21h30... Bon, on fait un tour. Je l'amène tant bien que mal devant Notre-Dame, qu'elle trouve magnifique. On fait le tour en longeant la Seine, on fait une pause sur un pont pour admirer les lumières de la ville se reflétant sur les vagues de la Seine avec (le cul / l'arrière) [rayez la mention qui vous paraît la moins adaptée à la description] de la cathédrale, j'arrive à nous faire tromper de direction alors que Notre-Dame est à portée de vue pour l'orientation, et après une bonne balade, la nuit est tombée et nous revoilà devant la Guinness Tavern avec les guibolles fatiguées et en se connaissant déjà beaucoup mieux l'un l'autre. Détail amusant, pendant la promenade, elle m'a prit le bras pour marcher. Ça m'a rappelé mon ex-russe qui m'avait fait le même coup. Optimiste, donc, que je suis (je ne pense pas que ce soit français, mais on va mettre ça sur le coup du style).

On s'assoit l'un en face de l'autre, on commande nos boissons et on écoute le groupe (pas mauvais d'ailleurs) en causant musique, langues, films, etc. Quand soudain... non, en fait rien de bien méchant, je me penche vers elle comme je l'ai fait des dizaines de fois avant pour lui demander quelque chose dans l'oreille pour couvrir la forte musique, mais elle a pris ça comme une tentative d'embrassade, et du coup m'embrasse. Ah ben... bon, ça me va aussi. Pour le coup, notre statut s'améliore. On n'est plus dans le club où le seul intérêt possible était physique. Là, on se connaît beaucoup mieux et c'est vraiment moi qui lui plaît, et pas seulement ma belle gueule. Youpi donc !

L'heure avançant, la fatigue reprend ses droits sur nos esprits et nous nous en allons. Elle habite vers le château de Vincennes, terminus de la ligne 1. J'aurais pu prendre la ligne 7 directement pour rentrer chez moi, mais je ne suis point un goujat. Derniers baisers au moment où les portes se referment et je m'éclipse pour rentrer chez moi ce coup-ci. L'inviter chez moi aurait été mal venu. Ce fut un rencart rondement mené, bien comme il faut, sans arrière-pensée, impeccable ! Un comme j'en rêvais ! Je n'ai donc pas voulu chier sur tout cela avec une invitation à but graveleux même pas camouflé. Cela se fera dans les règles de l'art.

Et puis diantre, quels yeux !

01 avril 2008

"Au travail, bande de larves !"

Bon, il y a eu une certain grabuge dans ma vie professionnelle ces derniers temps, je pense qu'il est donc plus que nécessaire pour la cohésion de l'Univers que je fasse un point.

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Ouais, bon, OK. Je vais reprendre de plus loin, genre la fin de mon stage en Irlande.

C'est la fin de mon stage en Irlande. Pas vraiment très enrichissant techniquement parlant, mais bon, j'ai mon diplôme. Mes projets de rester dans ce charmant et frais pays se voient très chamboulés par le fait qu'il n'y a pas vraiment de jobs très intéressants dans les environs de Dublin. Que des postes de hotline où ma principale qualification serait de parler français. Par contre, mon CV à peine posté sur lesjeudis.com qu'une quinzaine de boîtes me veulent (pas forcément des super entreprises, mais bon, toujours mieux qu'au pays de la divine Guinness). Ça plus le fait que j'ai désormais une copine cheu nous... Je plie bagages.

Après moult entretiens et dilemmes, j'opte pour une société de services au prétentieux nom d'"Expertise Informatique" après m'être fait promettre une mission à la Caisse d'Épargne. Si j'avais su, j'aurais pas signu. Je passe quatre mois à me faire chier, mais alors chier ! La plus grosse gastro-entérite du monde aurait passé pour une crotte de lapin à côté. Mon travail consistait à contacter des gens pour taper un contrat sous Word et attendre plusieurs semaines à espérer des réponses. N'empêche, j'ai pu considérablement étendre ma culture blog-esque du net, mais bon... Même si je n'ai pas forcément envie de sacrifier le peu de vie sociale qui a survécu à mes cinq ans à l'EPITA, je ne suis pas non plus du genre à être satisfait d'être payé à strictement rien faire.

Mon commercial étant un mollusque ("trou de mémoire" se faisait-il sobriqueter par le client... c'est dire !), la SSII s'étant ouvertement foutu de ma gueule pour cette mission, le domaine bancaire ne me procurant pas spécialement d'érection satisfaisante, je me barre donc en mettant fin à ma période d'essai après en avoir mise une (de fin) à ma fatidique première mission. Seulement, contrat oblige, j'ai une période de préavis de trois semaines à effectuer. Comme il aurait été malvenu de me placer chez un client pour trois misérables semaines, je suis autorisé à les passer chez moi. Weee ! Trois semaines de vacances payées !

J'aurais pu les mettre plus à profit, mais j'avais bon espoir concernant les entretiens que j'avais passés. À tort. J'ai donc plus ou moins perdu mes trois semaines. Je recommence la procédure début mars, et le temps que les administrations compétentes rendent leur décision et moi la mienne, je n'ai commencé le travail qu'aujourd'hui. Heureusement que j'ai reçu un chèque de mon ancienne société pour "solde de tout compte" histoire de combler la lacune fiscale de ce mois d'anniversaire.

Je travaille donc aujourd'hui chez Metavideotex, une entreprise qui développe des solutions logicielles pour les points de vente de tabac / presse / librairies. Rien qui ne me fournisse de formidables érections non plus, mais c'est toujours mieux que la banque de mon point de vue. Pas trop loin de chez moi (45 minutes de transport), les collègues sont très sympathiques, la majorité plus vieux que moi mais bon, je suis un jeunot hein ! Le boulot a l'air relativement pas tuant, mais va me permettre d'acquérir de la vraie expérience que je n'ai pas pu avoir dans mes stages qui, somme toute, ne me furent pas vraiment d'une grande aide professionnellement parlant.

Bref, me v'là posé pour quelques temps. Je ne sais pas combien d'années je vais rester dans cette boîte (certainement pas trop non plus car j'aspire quand même à un peu plus que développeur pour les marchands de tabac), mais disons que pour le moment, ça me convient pour me faire les dents.

20 mars 2008

Salon de l'érotisme

Bon, c'est sur que le premier vrai billet de l'année , le faire sur un salon érotique, c'est... comment dire... un peu orienté... Mais je fais ce que je veux.

Charmant voyage aller vers le salon de l'érotisme en compagnie de Luc (pour plus d'inconvention), Nicuvëo et Fabrice (un type que je ne connais pas), plein de joyeusetés grivoises, de calembours coquins et de réflexions perverses douteuses. Déjà, les caisses pour payer mettent l'ambiance, avec des images de femmes à poils entre chaque guichet, sans oublier le haut d'un préservatif géant rose (avec les sponsors qui vont bien, évidemment).

Une fois dans le salon à proprement parler, ce que je vois me rappelle un peu les autres salons, étudiants et professionnels auxquels je suis allé : des stands bien rangés, avec les gens qui présentent leur bibelots le mieux possible, les affiches, les démonstrations, etc... Comme quoi, le sexe est une industrie comme une autre hein !
Nous nous arrêtons devant un stand de parfums, alors que nous demandions des...

Ah, mais il me faut replacer le contexte ! Se préparait à l'époque l'élection du Bureau Des Élèves de mon école (ex d'ailleurs), à laquelle participe activement mais inutilement la liste Test., dont je fais partie, ainsi que l'un des individus m'accompagnant, lui-même étant carrément président de la liste.

Nous demandions donc quelques goodies ou petites babioles gratuites au vendeur afin de les distribuer lors de la campagne, histoire de. Réponse négative du type, mais il arrive à nous embrouiller avec son blabla de vendeur, si bien qu'on perd dix minutes à l'écouter nous promettre monts et merveilles et six parfums de grandes marques dégriffés... aux premières personnes à sortir 30EUR de leurs poches. 'foiré va !
Nous déambulons derechef, avec l'idée de prendre un maximum de photos de filles légèrement vêtues arborant le T-shirt de la liste Test. Ce que nous (et même en vidéo).

Quelques clichés plus tard, nous tombons sur l'entrée vers le côté plus "hard" du salon, laquelle nécessite deux euros supplémentaires pour y pénétrer. Bah ! Nous nous y engouffrons donc, pour tomber sur des stands de DVD très olé-olé (voire carrément pornographique, complètement même), un autre d'accessoires sado-maso et plutôt à tendance homosexuelle masculine, un petit endroit où des modèles posent ainsi qu'une grande estrade, pour le moment vide, mais qui accueillera des spectacles plus tard.

On retourne dans l'aile plus "soft" pour mitrailler les donzelles avec notre T-shirt, et on tombe sur un premier strip-tease de deux filles plutôt jolies, sur une estrade à côté de l'entrée.

Nous faisons ensuite une petite halte près d'un grand 'X' auquel on peut se faire attacher afin de prendre une photographie de notre président en charmante posture.

À côté de ce stand de menottes et autres accessoires de domination se tenait quelques cabines où, moyennant finance, une charmante créature s'effeuille intégralement pour le plaisir du petit voyeur. Nous demandons à l'une des auto-déshabilleuses professionnelles de poser avec notre T-shirt, ce qu'elle fait avant de nous proposer un prix de groupe pour son numéro (pas de portable). Un peu gênés, plus à cause du prix qu'autre chose en fait, car la fille est vraiment, mais alors *vraiment* charmante et jolie, nous hésitons quelques instants avant de lui promettre de revenir avec du cash. Certes, c'est une excuse facile, mais sûre. Encore qu'on ne peut pas dire que ce soit vraiment une excuse, étant donné que nous sommes effectivement revenus pour elle. Nous fournissons nos billets à la caisse, et nous voilà à trois dans une cabine étroite, avec cette superbe beauté devant nous, à portée de main.

Oui, trois d'entre nous seulement, car le quatrième membre de la troupe est apparemment gay d'après ce que m'a expliqué le président. Je ne révélerai pas de quelle personne il s'agit pour, d'une part, ne pas étaler sa vie privée et, d'autre part, semer un doute sur la vie sexuelle de mes trois confrères (la mienne étant généralement connue de tous).

Je pense que je pourrais écrire un poème sur Christelle, l'Hélène de Troie du Bourget (si vous ne savez pas pourquoi je fais allusion à cette tendre enfant qui a provoqué la guerre du même nom, cultivez-vous un peu !). Un visage angélique, des yeux pétillants de coquinerie, un sourire enjôleur, un corps extrêmement bien proportionné et bronzé, des seins naturels adorables et des fesses qu'on aurait pu croire sculptées par la main de Dieu (Dieu n'est cité ici que pour les besoins de ma métaphore, pas la peine de venir troller ici sur son existence).

Mais quel corps ! Pas les tas d'os et quelques fois de muscles que j'ai pu voir dans les autres parties du salon. Un vrai corps de fille, parfaitement imparfait, avec ses défauts tellement bien faits qu'ils n'en sont pas. Pas de seins sphériques défiant la gravité, pas de côtes qui ressortent à cause de cette mode de l'anorexie, pas d'abdominaux qui saillent sur son ventre, pas de maquillage à outrance... un corps débarrassé de ces critères de beauté qu'on nous impose à cause de statistiques bizarres et vendeuses, un corps qu'on pourrait croiser au hasard dans la rue, un corps vrai et réaliste.

Bon, je vais m'arrêter là, sinon je vais encore continuer sur des paragraphes et des paragraphes. Nous sommes donc dans la cabine, à trois épitéens, à regarder une somptueuse déesse enlever ces deux ridicules bouts de tissu que j'ose à peine nommer vêtements. Elle remue du popotin d'une façon hypnotisante, et le fait que cette situation soit un peu glauque objectivement fait un passage dans ma tête aussi rapide qu'une châtaigne tombant d'un tabouret (un très bon point pour celui qui retrouve d'où cette comparaison vient). Elle nous offre son nœud de haut-de-bikini à défaire, ce que nous faisons après un peu d'hésitation (ben oui, on n'est pas sensé toucher quoi que ce soit dans le principe, non ?). Après avoir joué avec sa poitrine, elle met les mains sur ses hanches, attrape sa culotte et nous questionne avec un air polisson : "Vous voulez ?". Nous répondons évidemment par l'affirmative (après un temps de déglutition quand même... ça sèche la gorge toute cette parlotte...). Zou ! La voilà cul-nu (et quel cul !) devant nous, qu'elle remue de plus belle (si bien qu'elle m'effleure même la main de sa fesse gauche). L'effort de volonté que j'effectue pour ne pas caresser ses courbes si parfaites pourrait porter la Méditerranée à ébullition. Je pense qu'il en est de même pour mes camarades.

La séance finie, elle accepte de poser avec le T-shirt Test., une première fois en se cachant derrière, une deuxième fois en l'ayant enfilé (MON T-shirt !). Les jambes flageolantes, nous la quittons finalement à regrets pour poursuivre notre escapade.

J'en ai encore des tremblements rien qu'à décrire cette scène...

La suite nous paraît bien fade. Encore des photos avec des godiches peintes et vulgaires, quelques dédicaces pour Test. sur des cartes de la part d'actrices pas connues et généralement à peine jolies, un ou deux achats pour l'anniversaire d'une amie.

La journée se termine par quelques numéros de strip-tease différents, le premier mettant en scène deux demoiselles en tenue de danseuses orientales (tenue assez éphémères d'ailleurs), le second une princesse gothique qui finit vite en partenaire dominée, ensuite viennent Shéhérazade et son sultan qui font des acrobaties avec le minimum de tissu et enfin le clou, le paroxysme... un numéro avec Estelle Desanges, un grand nom du X français, qui malheureusement pour mes yeux n'a vraiment rien de désirable, même toute nue.
Nous n'avons pas voulu tester le tournage de film X, car 15EUR pour entrer, c'était vraiment trop pour nos bourses.

En conclusion, un peu onéreux pour ce que c'est. Je veux dire... pour les sex-toys et autres gadgets érotiques, tout le monde peut aller se balader à Pigalle et faire son shopping. Les spectacles sont effectivement dans l'ensemble assez sympa à regarder, même si les filles ne sont pas toutes canons, mais il n'y en a pas tout le temps. Et puis... en fin de compte, ça lasse au bout d'un moment ces arrières-trains et ces avants-scènes. C'est certes titillant au début, le fait de voir des seins et des vagins sans écran interposé, mais à l'inverse d'un tableau d'art, on ne va pas passer des heures à regarder en réfléchissant sur le sens caché ou sur la technique impressionnante de l'auteur.

Bref, à faire une fois pour le fun, mais pas la peine de prendre d'abonnements.

02 janvier 2008

Galerie photos

Après moultes transferts de kilo-octets, j'ai réinstallé ma galerie photo.

Elle est neuve, propre, à jour, magnifique (comme...).

http://www.mankalas.com/coppermine

Pour les membres de ma famille, il vous faut un mot de passe pour accéder aux photos familiales. Demandez-le moi si vous voulez les voir.

Ah oui, bonne année, toussa!

28 décembre 2007

Petits et grands (titre temporaire) - Première partie

La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur la merveilleuse cité de Gesserit. Les rues propres qu'une légère brume recouvrait luisaient aux multiples feux des lampadaires qui diffusaient une lumière bleutée, un peu floutée par l'humidité de la nuit. Les travailleurs nocturnes oeuvraient le plus silencieusement possible, sans déranger les autres habitants. Nettoyeurs, médecins de garde, cerbères d'édifices importants... tous effectuaient leur métier sans heurt, avec force d'habitude et la satisfaction d'un travail bien fait. La sérénité enveloppait toute la cité d'un duvet confortable et léger. Les hautes maisons claires abritaient chaudement leurs habitants qui dormaient dans la douceur de leurs murs de pierre. Les nombreuses bibliothèques, recelant de riches connaissances accessibles à tous, brillaient, malgré l'heure avancée de la nuit, de toute leur majesté architecturale et des rares lampes à huile encore utilisées par des érudits noctambules. Même les Quatre Tours, que l'on pouvait apercevoir au loin et qui étaient continuellement le siège d'une activité frénétique, même les plus hauts dignitaires de la cité qui vivaient dans ces prestigieux bâtiments, goutaient les délices d'une douce langueur.

Les quadruples Tours d'Elentil. Quatre flèches d'or, effilées, lisses comme des miroirs et enveloppées d'une aura jaune et blanche, dont les pointes montaient si haut dans les cieux qu'elles servaient à communiquer avec les Dieux. À mi-chemin entre ciel et terre, le corps poli de chaque tour avait été enchâssé dans un immense disque, également doré et suffisamment grand pour que chacun de ces plateaux touchât ses voisins, formant ainsi une plate-forme dont le motif ressemblait à un trèfle sans tige, sur laquelle les dirigeants, les prêtres, les messagers ainsi que de nombreuses autres créatures travaillaient, s'affairant à des tâches complexes.
L'altitude impressionnante de la surface formée par les quatre disques, ainsi que celle des Tours elles-mêmes, permettait d'embrasser du regard les différents éléments du paysage dans lesquels la cité se lovait, puisait sa force, prospérait. Au Nord se trouvaient les mines perpétuelles de Fed, sources infinies d'énergie puisée par des procédés mécaniques simples et propres. Entre les Tours et les habitations, le prestigieux amphithéâtre des Sables d'Otrum, où jamais les plus grandes symphonies ne furent jouées de façon aussi émouvante, et le musée des Arts Divianta, qui regorgeait de peintures, de sculptures, de tapisseries, de fresques aux couleurs quasi-surnaturelles, offraient un divertissement des sens permanent.

Tout autour, le paysage désert et rocailleux était bien sombre et triste en comparaison. L'on pouvait apercevoir les routes zigzaguant parmi les cailloux et maigres arbustes qui ponctuaient la plaine, certaines utilisées régulièrement pour accéder aux différentes ressources plus ou moins cachées, aux lieux plus ou moins bien famés, aux contrées plus ou moins belliqueuses. Les passages fréquentés ne représentaient cependant qu'une infime partie de l'infrastructure routière de la Cité. Les chemins tracés mais inusités se comptaient par milliers et se perdaient dans les confins de la vaste étendue sans vie, menant nulle part en particulier, mais présents au cas où le besoin s'en ferait ressentir. Rares étaient les constructions qui venaient rompre la monotonie du paysage. Aucun relief ne troublait l'horizon désespérément vide et morne. Le désert étendait sa griffe sèche et cruelle autour de Gesserit partout où le regard pouvait se poser.

Un poste de garde sur une route isolée. Une grande créature ailée et sombre faisait les cents pas près d'un puits de pierre posé sur le bord du chemin. La nuit était belle et calme. Le vent apportait une odeur de poussière et de chaleur estivale, comme toutes les autres nuits depuis des lustres. Les yeux rouges et perçants de la créature scrutaient l'obscurité, à la recherche d'éventuels rôdeurs, mais seule une immobilité pesante régnait, comme à l'accoutumée. Le crissement des griffes sur le sol à chaque pas de l'imposant garde se perdaient dans le silence clair. Afin de tromper le manque d'action, il prit un caillou dans sa paume d'écaille, tenta maladroitement d'y graver quelque dessin et, devant la médiocrité du résultat, le broya entre ses doigts griffus. Si les Gardes de Feu de la Cité étaient suffisamment puissants pour empêcher quiconque, insecte égaré ou légions de mercenaires, de franchir leur poste, leur relatif manque d'intelligence et d'initiative faisait qu'ils ne s'ennuyaient pas tant que ça durant leur travail. Leur principal souci était de ne pas s'engourdir tout en surveillant étroitement la route qui leur avait été attribuée. D'un puissant battement de ses ailes de dragon, le garde prit son envol silencieusement, voulant profiter d'un vent ayant forci depuis quelques instants.

À peine eut-il le temps de commencer une série de mouvements aériens que ces yeux flamboyants captèrent au loin une colonie de lumière pareille à un essaim de lucioles. Elles avançaient lentement vers le poste de garde, mais régulièrement, avec de légers mouvements de cahots dûs à l'état médiocre du pavement. Des véhicules. De son point de vue, le garde pouvait compter une petite cinquantaine de lanternes. Soucieux de ne pas laisser son morceau de frontière sans surveillance, il n'alla pas à leur rencontre pour les formalités d'usage et les attendit parmi les chauds courants aériens de la nuit. Un grondement sourd commença à se faire entendre, puis enfla au fur et à mesure que les inconnus approchaient. De gros engins à en juger par le timbre grave des roues sur le sol. De mémoire de Garde de Feu, rien de plus gros qu'un humain muni d'un gros sac à dos n'avait franchi cette zone. Et encore, on chuchotait qu'il s'agissait en fait d'une inspection de routine.
À l'approche des véhicules, le garde se laissa tomber au sol comme un roc, ses jambes musclées accusant le choc sans broncher et les griffes de ses pieds creusant de gros trous dans le sol. Il déploya grand ses ailes afin de clairement signaler la défense d'entrer et attendit. Ceux voulant s'infiltrer dans la Cité étant généralement extrêmement petits, discrets et passe-partout, la méfiance du garde était quelque peu amoindrie, masquée par une curiosité d'autant plus excitée que cette route n'avait pas accueilli de voyageur depuis longtemps.
Le véhicule de tête stoppa à quelques mètres devant le garde et les suspensions mirent une poignée de secondes à le stabiliser parfaitement. Il s'agissait d'une sorte de grand carrosse, plus haut qu'une maison, entièrement construit avec des planches de bois mal ajustées et assemblées à la va-vite. L'essieu arrière supportait tout le poids du chargement et avait l'air de ne résister que par miracle ou un enchantement particulièrement efficace. Le conducteur, assis à l'avant, sauta de son siège et s'avança vers le garde :

- Salut!
- Identification? jappa le garde.
- Cinq huit zéro zéro huit six, répondit le conducteur sans se formaliser à propos ton aride du gardien.
- Destination?
- Cité de Gesserit.
- Provenance?
- Cité de Delphes.
- Combien de véhicules?
- Vingt-et-un, mais d'autres devraient arriver plus tard.
- Je verrai cela avec celui qui les conduira, rétorqua la créature massive. Qu'est-ce que vous transportez?
- Des habitants... spéciaux de Delphes.
- Comment ça "spéciaux"? gronda-t-il. De quelle classe d'habitants s'agit-il?
- Désolé mon vieux, mais je sais parfaitement que ce ne sont pas tes affaires, rétorqua sèchement le conducteur nullement impressionné. Tu le sais aussi d'ailleurs.
- Hmph... Bon, dis à tes zigotos de descendre et de passer. Dans quel secteur vous devez vous rendre?
- Le quartier résidentiel. Ils ont besoin d'un nouveau foyer.
- Alors c'est par là. Mais ne faites pas les malins, si jamais vous sortez de la route...
- Tu crois qu'ils ont fait tout ce chemin pour terminer dans les nimbes? Évidemment qu'ils fileront droit. Et puis ils sont attendus, alors laisse-les passer qu'on en finisse. J'ai peur que les chariots de transports ne tiennent plus longtemps le coup avec un tel chargement.

Sans trop maugréer - après tout, son boulot ne consistait ni à poser des questions indiscrètes, ni faire reluire son ego à grand renfort d'intimidation inutile - le garde s'effaça pour laisser la place à la "cargaison". Sitôt qu'il eut rejoint le bord du chemin, un voile de lumière violette et sombre apparut en travers de la route à l'endroit où il s'était retiré. Le conducteur du convoi parut satisfait et retourna à son véhicule. Il actionna une manette et, sans pour autant avoir l'air d'être reliées par un mécanisme quelconque, les soutes de toutes les carrioles s'ouvrirent simultanément avec un soufflement d'air s'échappant d'un circuit pneumatique et une plainte métallique lâchée par des engrenages grincheux. Les voyageurs descendirent un par un sans bousculade, très ordonnés et disciplinés, le tout dans un silence de crypte.

Chacun d'eux était habillé de longues robes noires et très amples, si bien qu'il était impossible de deviner la morphologie des individus. Ils paraissaient avoir tous la même taille, mais le noir, trop intense pour être naturel, et l'obscurité ambiante laissaient planer un doute sur un tel jugement. Leur démarche était automatique, non pas rigide comme aurait pu l'être celle d'un robot, mais plutôt involontaire comme celle d'un zombie. Impossible de lire la moindre émotion ou lueur d'intelligence dans leurs yeux : ceux-ci, à l'instar leur tête, étaient masqués par une grande capuche, noire également.

Centaines d'ombres mouvantes à la lueur pâle des feux des véhicules, les réfugiés de Delphes marchèrent vers la fine barrière luisante dressée en travers de la route par le gardien. Ce dernier était intrigué par de tels visiteurs, mais ne chercha pas à en arrêter un pour le questionner ou à interroger plus profondément le conducteur. Il n'en avait pas le droit. Il n'était pas là pour être curieux.

Il ne restait plus qu'un seul des vingt-et-un convois à débarquer, les vingt premiers étaient déjà repartis au loin. Les passagers du dernier véhicule formaient une file mouvante entre l'écran violet et la soute, laquelle se vidait lentement. À peine les premiers réfugiés eurent-ils le temps de franchir les frontières de la cité que le passage lumineux disparut et avec lui, toutes les autres robes noires, ainsi que le convoi lui-même. Ceci se déroula sans un bruit, sans un cri, sans un frisson. Le gardien eut juste le temps de les voir s'évanouir dans le néant comme des grains de sel dissous dans l'eau. Surpris sans s'émouvoir, il reprit son poste en jetant un dernier coup d'oeil aux survivants qui, nullement atteints par la perte de leurs semblables, cheminaient vers le quartier résidentiel de la cité. Les mages des Tours d'Elentil sauront pourquoi ils sont là.

La garde avait encore à l'esprit la récente péripétie quand il entendit un léger bruit. Ses sens, d'avantage aux aguets depuis l'inopinée déchirure du passage lumineux qu'il avait ouvert, cherchaient à en déceler la nature. Roulements de petits cailloux dérangés par des mouvements rapides, odeur de fourrure poussiéreuse, rapidité d'approche furtive dénotant une taille réduite... Tentative d'intrusion. Le gardien déploya ses grandes ailes écailleuses couleur de désert, bloquant tout accès. La fréquence des petits pas sur le sol, d'abord élevée, diminua progressivement au fur et à mesure que leur auteur s'approchait du dragon, pour finir par s'arrêter complètement. Rien ne pouvait tromper la vigilance du gardien, rien ne pouvait passer sans qu'il ne soit au courant.

Scrutant la nuit de ses yeux rouges et luminescents, il identifia une forme allongée et poilue, aplatie au sol, se lovant autour d'une pierre, immobile pour essayer de se fondre dans le décor. Mais les artifices pouvant berner un gardien de la cité sont rares. Il s'empara de l'intrus, qui était en l'occurrence un furet, par la peau du cou et l'approcha de son visage.
- D'où viens-tu toi?
Le furet ne répondit pas, ce qui eut pour effet de modifier la façon dont celui qui avait emprise sur lui le dévisageait. Les habituelles pupilles de braise avaient laissé place à un regard pourpre posé et inquisiteur. Il fixait celui du furet avec la même intensité que s'il tentait de déchiffrer à l'oeil nu un lointain parchemin.
Delphes.
- Delphes? Décidément... Et qu'est-ce que tu viens faire ici?
On m'a envoyé pour vérifier si l'arrivée du dernier... heu... convoi s'est bien déroulée.
- Hmm... Code d'identification?
Ce qu'il obtint comme réponse ne parût pas lui plaire. Son regard reprit sa teinte vermeille et lançait des éclairs de haine. Sans mot dire, il jeta le petit animal au loin, hors des limites de la route qui serpentait sur le sol frais du désert. Aussitôt que la trajectoire de l'indésiré furet eut intersecté avec le bord de la route, il disparut corps et âme, aussi discrètement que la chute d'un grain de sable... pareillement aux infortunés réfugiés de Delphes qui n'avaient pas pu franchir à temps l'entrée du territoire de Gesserit.

L'inopportune bestiole éliminée, le gardien, soucieux, s'approcha du puits en pierre posé sur le bord du chemin. En fait de puits, il s'agissait plutôt d'un bas muret de grès encerclant un insondable trou dans le sol d'environ un mètre de diamètre. Sur le rebord plat et large d'une paume était posée une multitude de petits osselets, de diverses couleurs, de diverses formes. Le gardien en saisit un rond et jaune, similaire à une pièce d'or mate et immédiatement, un objet identique apparût au même endroit pour le remplacer. Nonchalamment, il lança la piécette dans le puits, lequel régurgita rapidement après une petite sphère d'un beige très clair, comme un oeuf parfaitement rond. De nettes et simples lettres inscrites sur la face de la sphère épelaient le mot "Gesserit". L'oeuf flotta vers la gardien, qui ne prononça qu'un seul mot : "Delphes". Aussitôt, la boule prit la direction de l'horizon, zigzaguant au gré des méandres du chemin, fendant l'air aussi rapidement qu'un éclair. Elle disparût très vite du champ de vision du gardien, pourtant très développé, tandis que ce dernier reprenait sa place. Les Balles mettent généralement très peu de temps pour revenir. Leur simplicité et leur taille leur permettent de franchir les distances en un clin d'oeil.

Une heure passa, suivie par une deuxième. Le gardien avait envoyé trois autres Balles vers Delphes, au cas où les routes furent encombrées ou particulièrement mal famées. Mais aucune ne revint. Il retourna alors au puits et y jeta une fine baguette cuivrée. Un visage difforme s'y dessina alors, cornu, enveloppé d'une aura d'un vert malsain teinté de jaune. Les yeux blancs de cette chose se tournèrent vers le gardien et, en l'apercevant, celle-ci dévoila une rangée de crocs acérés parmi lesquels pourrissaient les restants de quelque innommable repas. De mauvaise humeur, assurément.

- Quoi? aboya le démon d'une voix qui aurait pu faire saigner un coeur de pierre.
- Maitre, Delphes a été détruite.

04 décembre 2007

Fri di bi de hu!

J'aurais clairement du insister pour faire mon stage dans un pays scandinave. Ces quelques 52h en pays viking ont presque été aussi géniales que mes 7 mois en Irlande…

Bon, j'aurais bien entretenu le suspens si la conclusion en valait la peine, mais comme ce n'est pas le cas, j'informe immédiatement que je n'ai malheureusement pas eu la joie et l'honneur d'œuvrer à la communion entre la France et le Danemark… Affreux concours de circonstances, mais je n'ai pas grand-chose à me reprocher.

Nous arrivons donc Mad et moi à 21h à l'aéroport de Copenhague. En fait de froid sec et pinçant comme on pourrait s'y attendre dans une capitale aussi haute en latitude, on débarque sous une température fraiche mais supportable et une bruine pas forcément très agréable.

Après les hésitations habituelles de ceux qui débarquent dans un pays où ils ne comprennent pas la langue (et encore pouvons-nous nous estimer heureux, les Danois parlent très bien anglais), nous chopons le métro copenhagois, lequel est propre, tout neuf et automatique. Nous descendons à ce qui nous parait être la station de notre hôtel (avec leurs noms et leurs lettres bizarroïdes, on a quand même le doute), la crainte au ventre de galérer moultes dizaines de minutes pour le trouver, et ô joie ! En descendant du train (le métro est à l'extérieur pour le coup), on voit un beau grand panneau « Park Inn ».

On s'y rend donc, bien contents que les formalités d'usage se déroulent aussi bien. Hôtel assez luxueux, avec piscine, restaurant-moquette, billard et tout le tintouin. Le réceptionniste nous accueille chaleureusement et nous fournit les informations que nous lui demandons. Ô joie derechef ! le métro fonctionne toute la nuit durant le weekend ! Faudrait répéter ça à la RATP tiens…

Bref, le temps de poser nos sacs dans notre chambre et nous v'là parti pour la capitale. Après une petite poignée de minutes, nous descendons à Kongens Nytorv, sympathique et décorée place de Copenhague, d'autant plus jolie que Noël approche et que les guirlandes électriques fleurissent sur les arbres nus. Le but du jeu étant de trouver des endroits sympathiques, nous demandons conseil à une Danoise (par hasard) assise sur l'escalier du métro. Elle nous indique d'une voix de fumeuse un pub rock avec de la bonne musique, mais qui, à cette heure reculée de la nuit, est relativement vide. Le temps pour moi de goûter à une espèce de bière passable (on est loin de la Guinness) et pour Mad de siroter son éternel jus d'orange, on retourne dans la rue.
Nos pas nous mènent dans une rue piétonne bordée de magasins de fringues. Encore une fois, c'est propre, joli, agréable, pas bondé. C'est surtout à cet instant que nous est apparue la réalité de la chose : le cliché de la nana scandinave, c'est pas du pipeau ! Jamais vu une telle concentration de jolies demoiselles blondes aux yeux bleus de ma vie. Newcastle, à côté, c'était de la gnognotte. Et pourtant ! Partout des silhouettes généralement bien proportionnées (ni trop rondes, ni trop fines), de longues chevelures dont l'éventail de couleur commence au châtain pour finir au platine, des yeux azurs tous plus beaux les uns que les autres, des visages au teint clair que le froid vient rougir de-ci de-là. Rah ! Il faut chercher pour en trouver des moches !
Le temps de nous remettre de cette agression visuelle permanente, nous sommes arrivés sur une grande place qui jouxte Tivoli, un grand parc d'attraction (le plus vieux du monde encore en activité). Copenhague est une ville moderne : les publicités lumineuses sont légions sur cette place. En face de nous, deux immeubles couverts de logos éclairés de toutes les couleurs, derrière, les enseignes au néon de McDonald's et compagnie. En face à notre gauche, les lumières enchanteresses de Tivoli qui rappellent très bien que Noël approche. Bref, c'est féerique.

Faisant soif, on rentre dans un pub qui se veut écossais et dans lequel un type joue des airs irlandais (petite nostalgie de la vie dublinoise en passant). On ne s'attarde pas, l'ambiance étant calme et surtout le public dans une tranche d'âge ne satisfaisant pas nos gouts respectifs. On ne s'aventure pas très loin et on rentre dans un club, le « Renomé » (entrée gratuite, faut pas abuser non plus). Musique éclectique, grand, non-fumeur (j'ai oublié de préciser, le Danemark est un pays civilisé : les endroits publics sont non-fumeurs), sympa quoi. Après avoir fait le tour du propriétaire, nous investissons la piste de dance.

À peine nous voilà en train de dandiner nos popotins, alors que je reluquais les cibles éventuelles (ce qui globalement représentait toutes les filles présentes), que j'en repère une. Grande, blonde avec une queue de cheval, mignonne comme tout. Elle m'aperçoit également et me décoche la plus belle et plus gourmande œillade qu'une fille ait daigné m'accorder.

Un des gros problèmes que j'ai lorsqu'il s'agit d'aborder quelqu'un (les représentants du sexe opposé plus particulièrement), c'est que j'ai toujours peur de passer pour un lourd parce que je viens déranger alors qu'on m'a rien demandé.

Ici par contre, après ces coups d'yeuxet les sourires qu'elle me gratifie, je m'avance comme une fleur en zigzaguant entre les denses gens dansant pour m'approcher d'elle. Une fois à ses côtés, je lui sors je-ne-sais-plus quelle phrase assez bateau du genre « Chouette endroit ». Il n'empêche que ça permet d'embrayer sur d'où je viens, ce que je fais ici, si elle est de Copenhague, prénoms, etc. Elle nous présente, Mad et moi, à ses amis et accessoirement collègues (dont une fille dans le lot) avec qui elle dansait. Je dis bonjour, répète mon histoire à chacun, gnagnagna. Finalement je lui propose un verre, on va discuter dans un coin, ma foi tout semble farpait. On retourne sur la piste de danse, je m'approche d'elle pour nouer un contact plus physique… seulement voilà que cette bougresse me délaisse pour aller danser avec sa collègue de façon très lesbienne. Diantre ! Spectacle fort esthétique, mais qui ne fait pas mes ognons (oui, sans le 'i' : www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/graphies.html)

Enfin je laisse passer, on retourne tous (elle, sa collègue, Mad et moi) au bar pour causer. Anecdote amusante, en causant avec l'un des types, Mad, le non-alcoolique de référence, se fait offrir une bouteille de côtes-du-Rhône, qui est encore plus mauvais que du Beaujolais nouveau. J'essaie de l'aider à faire descendre le niveau de la bouteille histoire de ne pas froisser le généreux donateur, mais le vin est vraiment dégueulasse. Anecdote qui m'a moins amusé, suite à un geste malencontreux de Laila (la divine créature que j'entreprends) percute mon verre et un peu de rouge qui tâche vient s'échouer sur son chemisier. Bordel, ça fait encore moins mes ognons ça! Petite consolation, elle s'évente le décolleté, ce qui m'offre une vue plus plongeante que je n'avais déjà sur sa poitrine. Rah, la persistance rétinienne n'est toujours pas estompée. Bon, retour sur Terre pour lui chercher de quoi s'essuyer, fin de l'incident. On cause encore un peu, vient le sujet de l'âge. Ça a l'air de l'étonner bigrement quand je lui sors le mien (d'âge), apparemment, la belle a plus de 26 ans (que je ne lui aurais certainement pas donnés). J'insiste pas plus, je crains que la différence d'âge ne joue pas en ma faveur.

Finalement, elle me délaisse pour aller causer et danser avec ses potes. Au point qu'elle ne m'accorde plus la moindre miette d'attention. Bon... Soit... Je suis venu un peu perturber leur moment à eux, ça peut se comprendre. Du coup, je me permets de me faire désirer un peu et de la laisser respirer en accompagnant Mad à un pub métalleux dont on lui a parlé peu avant. Je préviens Laila, lui précisant que je comptais bien revenir ensuite, et elle me donne son numéro pour qu'elle nous (me?) serve de guide pour Copenhague le lendemain. Fichtre, si elle a tant envie de me voir, pourquoi elle ne délaisse pas un peu ses collègues qu'elle voit tous les jours?

Enfin bref, nous revoilà partis dans les rues de la ville, toujours à admirer les belles créatures que nous croisons, pour arriver devant un bâtiment couvert d'affiches pour des groupes de musique métal, avec une file d'attente. Nous nous renseignons auprès des deux types qui sont devant nous, lesquels nous informent le prix de l'entrée et en quoi consiste le pub. En fait, la première partie de soirée c'est concert, après c'est dancefloor. Ma foi intéressant. À force de discussion, on sympathise bien, tant et si bien qu'ils nous offrent l'entrée (quand je disais que les Danois étaient super cool).

Le couloir pour rentrer, lequel donne sur les vestiaires d'abord, un escalier descendant ensuite et les chiottes enfin est étroit mais chouettement décoré. Toujours des inscriptions de et en gothique, des peintures de monstres emblèmes de groupes connus (Iron Maiden est le seul que j'ai vraiment reconnu). Je ne suis pas spécialement fan de métal, mais l'ambiance me plait.En déposant notre veste à la "garderobe" comme ils disent dans leur langue, un mec, légèrement éméché mais pas trop chiant, nous cause et finit par vouloir nous offrir une bière.

Nous descendons finalement dans l'antre de la bête ("Elle est comment la bête?"). Escalier large et un peu glissant dans les tons bleus, petit couloir qui tourne à gauche avec des alcôves pour mettre des tables et un babyfoot, et puis finalement LA salle. Un immense espace, haut d'un étage, avec au fond une scène où oeuvre un groupe du coin (je suppose). Le bar est juste sur notre gauche en rentrant, un escalier qui mène à la zone fumeur sur la droite, quelques piliers en face de nous parmi lesquels ont été disposées des tables, des petites salles rattachées à la grande tout à fait à gauche et au fond à gauche. Les musiciens débitent des décibels à tout va, mais j'apprécie.

Le mec du vestiaire va nous chercher une bière (au grand plaisir de Mad qui n'y trempera que deux fois ses lèvres), puis nous ne le revoyons plus de la soirée. Le concert se termine, petit moment de battement et un type s'installe avec une console et commence à diffuser de la musique rock, métal, un poil de techno des fois... enfin du divers, mais qui remue. On s'éclate quelque temps, mais vers 3h, je commence à fatiguer quelque peu. Je propose à Mad de revenir au « Renomé » afin de plus ou moins conclure avec Laile, mais ce petit malin était en train de se branche une nana croisée dans l'escalier. Bon, soit, chacun son business, je m'éclipse et retourne vers Tivoli.

Je re-rentre dans la boite, y retrouve avec difficulté ma cible et vais me rappeler à sa mémoire. Elle a l'air contente de me revoir, on recause un peu, mais elle me délaisse derechef très vite. Je la retrouve sur la piste, mais elle ne m'accorde que peu de regards et se concentre plus sur son pote. Bougresse va! Peut-être fais-je une erreur en n'insistant pas, mais la fatigue pesant, l'humeur devient maussade et du coup, je ne pense pas être sous mon meilleur jour en étant grognon. Je jette finalement l'éponge, sachant qu'elle m'a de toutes façons donné son numéro pour demain. Je rejoins donc l'hôtel pour faire dodo.

Lever à 9h pour profiter de Copenhague le peu de jour que le mois de décembre le permet. Il pleut. Nous descendons à une station située plus à l'Ouest de la ville afin de changer un peu et de descendre vers Tivoli par un autre chemin que celui de la veille. Un peu paumés, nous demandons notre chemin à un couple de demoiselles qui passait (chose extraordinaire, l'une d'elles est brune!) qui nous indique un chemin qui s'avèrera finalement passer par cette foutue rue piétonne centrale. Bon. Mad voulait aller à l'office du tourisme, qui se trouve justement à côté de tivoli d'après un plan de la ville. Nous faisons deux fois le tour du parc sans le trouver, alors que si nous avions levé la tête pour regarder de l'autre côté de la rue, nous aurions vu le 'i' blanc dans le carré vert si attendu. Enfin bref, on mange un peu dans un Burger King (là encore, souvenirs d'Irlande). Je n'ai pas très faim, rapport au peu de sommeil... Une foie dehors, j'appelle Laila pour convenir d'un rendez-vous. Étant donné qu'il est midi, elle me demande de la rappeler un peu plus tard, genre 14h. Bon, ok. On a du coup le temps de visiter Slotsholmen ("le château insulaire"), puis quelques docks parmi lesquels cohabitent vieux bâtiments de brique rouge et immeuble modernes, on remonte pour visiter Botanisk Have ("le jardin botanique") et Rosenborg Have ("le jardin Rosenborg"), pour finalement retrouver notre station de métro favorite en passant pas un quartier d'habitation laid. Durant tout ce temps, j'ai essayé de contacter Laila toutes les demies-heures, en vain... répondeur. Bon, du coup, vers 16h, retour à l'hôtel pour nous sécher et se reposer un peu.

On repart vers 19h pour manger un morceau dans un restaurant. Mad étant tombé amoureux du club métalleux ("The Rock" qu'il s'appelle au fait), nous y retournons. Petit oubli, la minette qu'il avait rencontrée hier s'est montrée très sensible à ses charmes chevelus, aussi est-il rentré plus tard que moi, sans toutefois l'avoir consommée. Je précise également que nos conquêtes respectives n'étaient pas disponible ce soir-là, la sienne parce qu'elle travaillait tard et qu'elle avait un autre truc de prévu depuis longtemps, la mienne parce qu'il y avait une fête à son écurie (elle fait du cheval... J'aurais pu jouer avec "Elle chevauche des bourrins", mais il faut savoir se priver de ce genre de facilités).

Bref, de retour au Rock. C'est pas que la musique me porte aux nues, mais l'ambiance était extra la veille. Ce soir, en revanche, c'est le calme plat. Le groupe finit de jouer, le type s'installe à sa console, mais l'ambiance de décolle pas, peu de gens dansent. Déception. Donc après avoir attendu quelques temps, vers 2h du matin, on se casse, dépités, avec les jambes en compote suite à la longue marche de la journée et au fait d'avoir été debout comme des cons. On essaie de rattraper un peu de sommeil en se couchant "tôt".

Lever à re-9h. Je ne me sens pas très bien. Mal aux boyaux. Nous repartons en ville pour finir la liste des endroits à visiter. Laila ne peut pas nous rejoindre avant l'après-midi pour cause de réunion familiale, elle m'enverra un texto dès qu'elle pourra. Péripatéticienne de déjection, comme dirait Bernard Pivot. Bon ben on marche alors. Visite du Kastellet (ça ne veut pas dire "petit Kastel", mais "citadelle"), une citadelle donc en forme d'étoile de ninja à cinq branche. Un chemin de terre surélevé fait le tour de cette petite île (oui, c'est également une île). On peut apercevoir au loin les cheminées des usines, de grandes éoliennes, les docks, le centre ville. Ç'aurait pu être mieux avec un temps plus sec, mais bon. On continue au Nord pour rejoindre une petite crique et non loin de là, le monument principal de Copenhague, voire le symbole, la statue de la petite sirène (en fait, c'est un type qui commanda cette statue parce qu'il fut fasciné par le ballet basé sur le conte d'Andersen). Elle ne paye pas de mine... On traverse la ville pour visiter le dernier jardin de notre épopée qui abrite le musée d'art national danois.

Nous faisons une pause dans un café histoire de nous réchauffer car mon état de santé n'est pas au beau fixe. Je me suis précipité sur toutes les toilettes que j'ai pu trouver en chemin et j'ai été frigorifié toute notre marche. Effectivement, pas au beau fixe du tout car peu après l'arrivée de nos chocolats chauds, je me précipite dans les W.C. pour vomir tout ce que je peux. C'est ballot, la bidoche hier soir au restau était pourtant bonne. Nous retournons à l'hôtel pour notre petite sieste crapuleuse. Je me couche fébrile. Vers 16h, Mad reçoit un coup de fil de sa chère et tendre et va la rejoindre. J'attends toujours que la mienne donne des nouvelles. Une grosse heure plus tard, il me rappelle comme quoi elle ne pouvait pas rester le soir car elle devait prendre un train pour retrouver sa famille qu'elle a pas vu depuis longtemps, etc. Bref, le v'là tout seul. Je lui dis que je le rejoindrai vers 19h le temps de me reposer encore un peu. J'essaie de me soigner à grands coups de verres d'eau, mais j'ai de la fièvre et un mal de crâne lancinant. Je me sens un peu mieux en début de soirée, mais je ne suis pas resté longtemps dans la capitale car fatigué et affreusement fébrile. Retour à l'hôtel donc, où je délire un peu dans mon demi-sommeil, luttant contre la chaleur ardente de ma couverture et le froid glacial de la chambre. Je reçois un SMS vers 21h30 comme quoi "Ça risque d'être difficile de se voir ce soir. Tu repars quand?". Putain, elle aurait pas pu donner de nouvelles plus tôt? D'la merde, je lui répondrai en France. Nuit agitée, coupée d'autant de verres d'eau que j'ai eu le courage de me verser et de la rentrée de Mad, qui était resté au Rock pour le concert d'une célébrité dans le milieu de la musique métallique.

Lever à 5h couvert de sueur, mais plus en forme que la veille. Avec toujours quelques soucis gastriques cependant. Petit déjeuner, rassemblage d'affaires, métro, aéroport, embarquement, vol somnolifère, RER B, mendiants, un p'tit tour chez moi pour me changer et la journée de boulot commence, à 11h30. Activité nulle, j'ai lu de la BD en ligne toute l'après-midi.

Et aujourd'hui, ma collègue de bureau est encore plus hideuse que d'habitude, avec une coiffure hirsute, des collants couleur chair-orange-malade avec des fleurs bleues et toujours une moitié de cerveau dans la nature. ARGH! Pays de merde finalement.

J'ai reçu un message de Laila hier. "Je suis vraiment désolé qu'on n'ait pas pu se voir hier. Peut-être aujourd'hui?". Je vais essayer de rester en contact avec elle, le temps que je reprenne un billet d'avion pour Copenhague...